MOC / DÉCRYPTAGE
Thermostat obligatoire 2027 ou 2030 ? Règles, dates et amende

Non, la loi française n’impose pas un thermostat connecté. Pour un logement existant, l’échéance de la régulation automatique a été reportée au 1er janvier 2030. La date du 1er janvier 2027 reste pertinente pour les bâtiments neufs dont le permis de construire ou la déclaration préalable est déposé à partir de cette date. Le dispositif doit surtout programmer la température par pièce ou par zone ; une application et une connexion au cloud restent des options.
Ce décryptage distingue l’obligation réglementaire, le confort apporté par le connecté et les vérifications techniques à faire avant d’acheter.
Thermostat obligatoire : pourquoi parle-t-on de 2027 et de 2030 ?
Le calendrier a changé. Le décret de 2023 prévoyait initialement une généralisation en 2027. Le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 a reporté l’échéance des bâtiments existants. Dans sa version applicable depuis le 1er mars 2026, l’article R. 241-31-1 du Code de l’énergie distingue désormais deux situations :
- construction neuve ou nouvelle partie de bâtiment : application à compter du 1er janvier 2027 lorsque la demande d’autorisation d’urbanisme est déposée à partir de cette date ;
- bâtiment existant : application à compter du 1er janvier 2030.
Le propriétaire doit faire installer le dispositif, qu’il occupe le logement ou le loue. L’entretien revient ensuite au locataire, selon la synthèse officielle publiée par Service-Public.fr le 17 février 2026.
Le point à retenir : « thermostat obligatoire en 2027 » est devenu une formulation incomplète. Pour l’existant, la date pertinente est 2030. Pour le neuf autorisé à partir de 2027, l’échéance initiale demeure.
Le thermostat doit-il être connecté à Internet ?
Non. Le texte exige une régulation locale automatique capable de gérer la température avec un pas de temps au moins horaire, pièce par pièce ou, lorsque cela se justifie, par zone de chauffage. Il impose aussi une commande manuelle et quatre allures minimales : confort, réduit, hors gel et arrêt.
Un thermostat programmable classique peut donc suffire. Le thermostat connecté ajoute surtout le pilotage à distance, la visualisation des consommations, des scénarios ou des alertes. Un modèle dit intelligent peut encore utiliser la présence, la météo ou l’apprentissage des habitudes. Ces fonctions peuvent être utiles, mais elles ne constituent pas à elles seules l’obligation.

Quel système choisir selon son chauffage ?
Le bon choix commence par l’installation existante. Acheter sur la seule promesse « compatible maison connectée » expose à des relais supplémentaires, à un pilotage partiel ou à une perte de fonctions.
| Chauffage | À vérifier | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Chaudière ou pompe à chaleur | Bornes de commande, protocole modulant (commande qui ajuste la puissance), zonage (réglage distinct selon les pièces) | Éviter de réduire un système modulant à un simple marche/arrêt |
| Radiateurs électriques | Fil pilote, récepteur par appareil, nombre de zones | Un thermostat central mesure la température à son emplacement ; les autres pièces peuvent être plus chaudes ou plus froides |
| Chauffage central à eau | Régulateur central et robinets thermostatiques compatibles | Maintenir la circulation et l’équilibrage du réseau |
| Poêle ou appareil indépendant | Automatisation réelle de l’alimentation | Les appareils alimentés manuellement peuvent relever d’une exception |
Sur un chauffage central à eau, le Code de l’énergie prévoit en outre certaines classes de régulateur, sauf incompatibilité technique. Pour une pompe à chaleur, la compatibilité avec la loi ne suffit donc pas : il faut aussi préserver le fonctionnement prévu par le fabricant et éviter les cycles courts, c’est-à-dire les démarrages et arrêts trop rapprochés.
Quatre contrôles avant l’achat
- Identifier le générateur et les émetteurs : référence de la chaudière ou de la pompe à chaleur, radiateurs, plancher chauffant, fil pilote et zones existantes.
- Lire la documentation de compatibilité : protocole, câblage, puissance admissible, nombre de récepteurs et maintien de la garantie.
- Prévoir un fonctionnement local : chauffage, programmation et réglage manuel doivent rester utilisables si Internet, l’application ou le service du fabricant devient indisponible.
- Tester une semaine complète : jours travaillés, nuit, absence et retour au domicile. Une programmation théoriquement parfaite peut être inconfortable si l’inertie du logement — le temps qu’il met à chauffer puis à refroidir — est mal évaluée.

Le connecté permet-il vraiment d’économiser ?
La régulation peut réduire le chauffage inutile, mais l’économie n’est pas automatique. Service-Public.fr relaie une estimation de l’ADEME pouvant atteindre 15 % d’économie d’énergie de chauffage. Il s’agit d’un potentiel, pas d’une garantie : le résultat dépend du point de départ, de l’isolation, du climat, de l’inertie, des températures choisies et de la façon dont le logement est occupé.
Le gain principal vient souvent de règles simples : abaisser la consigne pendant la nuit ou les absences, éviter de chauffer une pièce inoccupée et corriger les oublis. Le pilotage depuis un téléphone ne réduit la consommation que s’il conduit réellement à ces changements.
Pour aller plus loin, notre guide sur la maison connectée et la gestion de l’énergie replace le thermostat parmi les autres leviers. Un capteur de présence mmWave sans caméra peut aussi alimenter certains scénarios, avec ses propres limites.
Vie privée, cloud et sécurité : les questions à poser
Un thermostat non connecté conserve généralement le planning dans le logement. Un modèle connecté peut transmettre des historiques de température, des horaires d’occupation, des absences et des données de compte. Avant l’achat, vérifiez :
- si la programmation continue sans Internet ;
- la durée de conservation et la possibilité de supprimer les données ;
- la disponibilité d’une authentification renforcée ;
- la durée annoncée des mises à jour de sécurité ;
- ce qui se passe si l’application ou le fabricant disparaît ;
- la compatibilité réelle avec votre écosystème, par exemple Matter et Thread.
La fonction indispensable doit rester locale : modifier une consigne, passer en hors gel et maintenir une programmation minimale ne devraient pas dépendre d’un serveur distant.
Quelles exceptions sont prévues ?
L’obligation ne s’applique que lorsqu’elle est techniquement et économiquement réalisable. Service-Public.fr cite notamment le cas d’un retour sur investissement supérieur à dix ans, à démontrer par une étude, ainsi que certains appareils indépendants dont l’alimentation en combustible n’est pas automatisée. Un simple devis élevé ou une préférence personnelle ne suffit donc pas à établir une exemption.
Pour un cas atypique — installation collective, copropriété, chauffage ancien ou architecture multi-zone — demandez une étude écrite à un professionnel compétent et conservez la justification technique.
Questions fréquentes
Un thermostat connecté est-il obligatoire en 2030 ?
Non. Le dispositif doit assurer la régulation automatique et la programmation exigées, mais il n’a pas l’obligation d’être relié à Internet ou piloté par une application.
Dois-je remplacer un thermostat programmable qui fonctionne déjà ?
Pas simplement parce qu’il n’est pas connecté. Vérifiez plutôt s’il commande la température par pièce ou par zone, avec un pas au moins horaire et les modes requis. La compatibilité globale de l’installation reste déterminante.
La date de 2027 a-t-elle disparu ?
Non. Elle demeure pour les constructions ou nouvelles parties de bâtiments faisant l’objet d’une demande de permis de construire ou d’une déclaration préalable à partir du 1er janvier 2027. Pour les autres bâtiments, l’échéance est le 1er janvier 2030.
Y a-t-il une amende spécifique pour l’absence de thermostat ?
Les textes officiels consultés pour ce dossier fixent l’obligation et son calendrier, mais nous n’y avons pas identifié de montant forfaitaire spécifique attaché à cette seule obligation. MOC n’indique donc aucun montant non sourcé : il faut vérifier les textes en vigueur et la situation du bâtiment au moment concerné.
Qui paie dans un logement loué ?
La synthèse officielle indique que l’installation incombe au propriétaire, occupant ou bailleur. Le locataire est responsable de l’entretien de l’équipement.
Faut-il acheter dès maintenant ?
Pas dans la précipitation. Un achat anticipé peut être pertinent si la régulation actuelle gaspille de l’énergie, mais commencez par vérifier la compatibilité, le zonage, le fonctionnement hors ligne et la durée de support.
Sources officielles et vérification
- Code de l’énergie, article R. 241-31-1, version en vigueur depuis le 1er mars 2026.
- Service-Public.fr : date d’application du thermostat programmable, publié le 17 février 2026.
- Décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025, report du calendrier.
Informations vérifiées le 26 septembre 2026. Ce décryptage explique le cadre général et ne remplace pas une étude de compatibilité de votre installation.
1 objet connecté décrypté chaque jour — comprendre avant de choisir.
Thermostat, Matter et maison intelligente
Pour aller au-delà de l’obligation réglementaire, voyez comment fonctionne une maison intelligente en local, à quoi sert Thread et comment piloter chauffage, solaire et batterie.
Voir le hub Maison & IA — retrouvez tous les guides MOC de cet univers.
Comprendre avant de choisir.
Recevez les prochains décryptages MOC.